Nouvelle-Zélande : L’équipe à battre
Considérés comme les maîtres du rugby mondial, les Blacks ne comptent pourtant qu’une seule Coupe du Monde à leur palmarès. C’était en 1987 à l’occasion de la première du genre. Vingt ans de disette qui ont attisé l’appétit du peuple néo-zélandais lassé de voir ses protégés s’écrouler sous le poids de la pression durant les Mondiaux. Cette année encore, la Nouvelle-Zélande s’avance comme la grande favorite après quatre ans de domination à peine écornée par un dernier Tri-Nations en demi-teinte. Pour parvenir à son objectif, Graham Henry dispose d’un effectif d’une incroyable richesse où tous les postes sont doublés avec une même garantie de qualité. En chefs de file de ce groupe, on trouve les meilleurs joueurs des deux dernières saisons, Daniel Carter et Richie McCaw. La Nouvelle-Zélande devrait en plus se payer le luxe d’utiliser la phase de poule comme un temps de rodage avant de lâcher les chevaux à partir des quarts. Remplie de certitudes, la Nouvelle-Zélande entend enfin concrétiser son hégémonie sur le rugby mondial depuis quatre ans.
L’Italie : Franchir un cap
Cinq participations et autant d’éliminations au premier tour. Voilà le triste bilan affiché par la Squadra Azzurra en Coupe du Monde. Mais les temps ont changé de l’autre côté des Alpes. Le rugby commence à se faire une notoriété au pays du football roi et une nouvelle génération pétrie de qualités a installé l’Italie dans le gratin européen. Pour preuve son intégration au désormais Tournoi des VI Nations et une dernière édition ponctuée par deux succès. L’hypothèse de voir les Italiens en quarts de finale n’a jamais eu autant de poids avec des individualités brillantes comme les frères Bergamasco, Sergio Parisse, Marco Bortolami ou encore Gonzalo Canale. L’un des hommes clé de la récente réussite du rugby italien est également le sélectionneur Pierre Berbizier. L’ancien entraîneur des Bleus a su apporter une rigueur à cette équipe tout en lui laissant son aspect imprévisible né de son côté latin. Sur le départ, Berbizier rêve sans doute d’une deuxième place dans cette poule qui pourrait lui offrir un quart de finale contre… la France.
L’Ecosse : Sauver les apparences
Toujours présente en quarts de finale depuis 1987, l’Ecosse pourrait réaliser sa plus mauvaise prestation durant un Mondial. Criblé de dettes et miné par des conflits internes, le rugby écossais peine à sortir la tête de l’eau et le rendement de son équipe nationale a sérieusement pâti de ces errances. En manque de puissance et de joueurs de talents aux postes clés comme à l’ouverture, l’Ecosse aligne les résultats décevants depuis plusieurs saisons. A tel point que la désaffection du public est patente. Les deux rencontres à Edimbourg contre la Roumanie et la Nouvelle-Zélande ont ainsi eu du mal à faire le plein tant les Ecossais ne croient plus dans les chances de leur équipe. Pour dominer l’Italie et accéder aux quarts, l’Ecosse s’en remettra alors à la légendaire fierté de ses hommes qui lui a parfois permise de renverser les pronostics.
Roumanie : Continuer à exister
Considérée comme la meilleure formation européenne derrière les équipes prenant part au Tournoi des VI Nations, la Roumanie ne possède pas les armes pour viser un quart de finale. Deux objectifs s’offrent aux joueurs des Carpates. Le raisonnable : battre le Portugal. L’ambitieux : terminer à la troisième place et éviter les qualifications pour le prochaine édition. La Roumanie souffre d’un déséquilibre historique encore très présent cette année avec des avants de premier choix comme Petru Balan ou Ovidiu Tonita mais une ligne arrière assez faible. La qualité de leur défense déterminera leur chance d’accrocher l’Italie ou l’Ecosse.
Portugal : Pour apprendre
Surprise des qualifications, le Portugal participera pour la première fois de son histoire à une Coupe du Monde. Déjà une grande récompense pour les Lobos qui évoluent dans le plus pur amateurisme. Avec des joueurs s’entraînant habituellement en fin de soirée après leur journée de travail, difficile de résister à des Blacks peaufinant le moindre détail physique depuis des années. Eviter la plus grande déroute de l’histoire ( Ndlr : 142-0 lors d’Australie-Namibie en 2003) sera l’une des missions des Lusitaniens mais la vaillance affichée en préparation devrait lui éviter de telles issues à défaut de succès. A moins que le gourou de la sélection, Tomaz Morais, élu meilleur entraîneur en 2004 par l’IRB, ne fasse un nouveau miracle face à la Roumanie.