Pierre Berbizier ne renouvellera pas son contrat à la tête de la Squardra Azzurra. Arrivé en avril 2005, l’ancien international a fait part au président de la Fédération italienne de rugby de son désir de revenir en France à l’issue de son mandat. La fin d’une collaboration finalement assez courte mais extrêmement fructueuse pour la botte italienne qui a considérablement haussé son niveau de jeu en l’espace de quelques mois. La performance du XV transalpin lors du dernier Tournoi illustre les progrès d’une équipe désormais débarrassée du statut de cancre de la compétition qui lui collait à la peau. En signant la première victoire de son histoire hors de ses bases cet hiver, en Ecosse (17-37) et à Rome face au Pays de Galles (23-20), l’Italie a terminé le tournoi à la 4e place. Un rang synonyme de plus belle performance de la nation latine en 8 éditions même si les claques reçues face à la France (3-39) et contre l’Irlande en clôture du Tournoi ont quelque peu nuancé le beau tableau (24-51).
Un bilan très positif
Sous la houlette de Pierre Berbizier, l’Italie a considérablement amélioré son jeu d’avants, considéré comme l’un des meilleurs du continent européen. Un pack qui avait permis aux Transalpins de tenir tête à l’Australie (18-25) et à l’Argentine en novembre dernier (16-23) ou de laminer le Canada (41-6). Ces performances peuvent laisser augurer un joli parcours en Coupe du Monde à l’automne dans le groupe C. Car derrière l’épouvantail néo-zélandais, la deuxième place est loin d’être inaccessible face à l’Ecosse, en compagnie de la Namibie, la Roumanie et du Portugal. Dans sa quête, l’Italie devra se montrer plus au point physiquement qu’elle ne l’a été lors de ses dernières sorties mais aussi moins naïve, même si dans ces deux secteurs, les progrès sont là encore évidents.
Vers le Metro Racing
En Italie, l’ancien sélectionneur du XV de France ne laissera que de bons souvenirs. Aussitôt sa décision prise, le successeur du légendaire ailier black John Kirwan au poste de sélectionneur, a déjà recueilli les hommages de certains joueurs. «
Pierre Berbizier nous a apporté tant d’enthousiasme ! A nous les joueurs, mais aussi au public italien, de plus en plus nombreux à nous suivre», confie ainsi Andrea Lo Cicero, le pilier italien dans
La Gazzetta dello Sport. Comme son coéquipier, Marco Bortolami regrette le futur départ de l’ancienne coqueluche du SU Agen mais l’Italie est désormais placée sur de bons rails pour poursuivre sa progression : «
Le groupe est jeune et peut encore avoir beaucoup de succès. C’est vrai qu’avec Pierre Berbizier, nous avons obtenu d’excellents résultats, c’est dommage qu’il s’en aille.» Des joueurs transalpins, Pierre Berbizier devrait encore en rencontrer dans les prochains mois, à Paris. L’ancien demi de mêlée pourrait croiser le chemin des frères Bergamasco par exemple, du côté de Jean Bouin avec le Stade Français. Certes, il n’y a rien d’officiel, mais il se murmure que le Metro Racing (Pro D2) serait sur le point de faire signer le Haut-Garonnais avec l’espoir que celui-ci hisse le club parmi l’élite.